Paroles

Que des mots que des paroles
Qui me sortent par les yeux
Que des coups que des banderoles
Qui nous rendent malheureux

Que des écrits que des symboles
Qui ne passent que par les cieux
Que des rôles que l’on bricole
Qui nous rendent soucieux

Etranger je le suis à moi-même moi-même
Que quelqu’un me dise enfin qu’il m’aime qu’il m’aime
Egaré dans la nature inhumaine inhumaine
Qu’une voix me rappelle de rester moi-même moi-même

Que des naufragés sans vergogne
Qui nous font passer aux aveux
Que le règne des charognes
Qui nous laissent solitaires et nerveux

Que des restes que des babioles
Qui nous testent l’air joyeux
Que des sots que des guignols
Qui osent m’appeler Monsieur

Etranger je le suis à moi-même moi-même
Que quelqu’un me dise enfin qu’il m’aime qu’il m’aime
Egaré dans la nature inhumaine inhumaine
Qu’une voix me rappelle de rester moi-même moi-même

Étranger à moi-même
Étranger à ceux que j’aime
Égaré dans la foule
Comme une ombre qui s’écroule
Comme une ombre qui s’écroule
Étranger à mes silences étranger à mes promesses
Je marche sans résistance dans mes propres faiblesses

Etranger je le suis à moi-même moi-même
Que quelqu’un me dise enfin je t’aime je t’aime
Egaré dans la nature inhumaine inhumaine
Qu’une voix me rappelle de rester moi-même